Écoles privées sous contrat : en traitant les enfants comme de la pizza, on risque de détruire leur vie

Romain Chave
3 Octobre 2016

Le célèbre journaliste américain John Oliver a consacré son émission télé hebdomadaire aux écoles privées sous contrat (« charter schools » en anglais). Aux États-Unis, ces écoles qui proposent des enseignements primaires ou secondaires sont gérées par des organisations privées, principalement financées par de l’argent public, mais soumises à une réglementation moins stricte que les écoles publiques, avec un statut à but lucratif ou non lucratif.

Malgré le soutien dont elles bénéficient de la part des partis politiques, aussi bien démocrates que républicains, les écoles sous contrat sont aujourd’hui critiquées, essentiellement pour la confusion qu’elles génèrent sur le fonctionnement des structures à financement public mais à gestion privée. Cette organisation hybride a déjà donné lieu à des problèmes divers : imbroglio autour de la comptabilité, fermetures intempestives en cours d’année scolaire, conflits d’intérêt ou scandales financiers. On estime aujourd’hui à 6 800 le nombre d’écoles sous contrat dans 42 états, accueillant environ 3 millions d’élèves et étudiants. Les procédures d’autorisation et de contrôle de ces écoles sont plus ou moins strictes selon les états, mais elles ne permettent pas d’empêcher les défaillances. De nombreuses voix s’élèvent contre la privatisation déréglementée du système éducatif américain au motif que les écoles ne peuvent être considérées comme de simples entreprises et que ceux qui les ouvrent doivent être contrôlés. Vidéo disponible ici.

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