TRANSITION AU BURKINA: QUELLES SUITES POUR LE PROJET DE MUTUELLE DES ENSEIGNANTS?

d.desplanques
2 Décembre 2014

La nouvelle donne que constitue la crise politique actuelle au Burkina Faso a mis en pause notre projet de mutuelle. Il est essentiel pour nous de maintenir la dynamique autour d’un projet que nous considérons prioritaire pour le pays.

Originellement prévu pour le 30 octobre 2014, le vote de la loi portant sur un régime d’assurance maladie universelle au Burkina (RAMU-BF) avait été décalé au 6 novembre et remplacé dans l’ordre du jour par le projet de révision de la Constitution.  Projet qui a entrainé la dissolution de l’Assemblée nationale et du Gouvernement, ainsi qu’un changement à la tête de l’Etat. La loi de couverture maladie universelle est donc aujourd’hui reportée à une date inconnue.

Nous continuons néanmoins nos efforts car nous sommes avec nos partenaires convaincus du caractère essentiel d’un tel projet, et les derniers évènements renforcent cette conviction :

  • Un accès aux soins et à des dispositifs de prévention  universel et financièrement abordable constitue une priorité absolue pour la population burkinabè, notamment face à de possibles épidémies comme Ebola.
  • La population a montré à quel point elle se méfie des institutions et du corps politique. Développer une assurance maladie sur une base mutualiste nécessite par nature l’expression des populations et les associe à la gestion des dispositifs. Ceci permettra, en plus de l’amélioration de la situation sanitaire du pays, de développer la démocratie économique et sociale et contribuera au rétablissement de la confiance entre la société civile et les décideurs politiques.

Partageant l’idée que le projet de mutuelle n’est pas viable sans une loi sur la couverture santé universelle, tous les acteurs du projet restent mobilisés et souhaitent maintenir la dynamique établie. Les partenaires burkinabè continuent de communiquer auprès des corps intermédiaires et des populations et s’attèlent à identifier les nouveaux interlocuteurs gouvernementaux. Les partenaires de Nord quant à eux, maintiennent la dynamique auprès des partenaires financiers et institutionnels et appuient toutes les initiatives faisant avancer la cause de l’assurance maladie universelle, ce qui est par exemple le cas du programme PASS.

 

A PROPOS DU PASS

Le PASS est un programme d’appui aux stratégies santé mutualistes. Il accompagne les acteurs mutualistes des huit Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA) : Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo. PASS vise à renforcer le mouvement mutualiste dans la sous-région afin qu’il prenne une place prépondérante dans les développements actuels des socles de protection sociale. Véritable assistance à maîtrise d’ouvrage, PASS permet l’établissement de partenariats entre acteurs mutualistes africains et français.