Dans tous les pays du monde on observe aujourd’hui une croissance rapide des besoins en matière de santé et de protection sociale. Les pays les plus riches font face à une croissance des besoins de santé, générant de sérieux problèmes de financement. Par ailleurs, les pays en voie de développement ont besoin, dans la lutte qu’ils engagent contre la pauvreté, d’une population en meilleure santé, sans avoir pour autant les moyens de dégager les moyens financiers nécessaires. On note que cette évolution des besoins en matière de protection sociale (notamment en santé) sera, dans les prochaines années, supérieure aux évolutions du PIB et ceci, dans chaque pays.
Même si la solidarité nationale doit permettre la mise en lace de systèmes de protection de haut niveau, les Etats et les régimes obligatoires, ne parviennent nulle part à prendre en charge dans leur totalité, les besoins en santé ou en protection sociale et sont souvent dans l’incapacité d’en assumer les évolutions. De plus, les logiques étatistes sont confrontées à des problèmes d’efficience et de responsabilisation des acteurs.
Face aux insuffisances voire aux désengagements des Etats, les systèmes assurantiels, aux finalités exclusivement commerciales, accroissent leur influence et trouvent un large terrain de développement, creusant gravement le fossé entre les options individuelles qu’ils prônent et les solutions solidaires. La logique du « tout marché » entraîne souvent l’exclusion des plus faibles et une spéculation non éthique sur un droit fondamental comme la santé.
Entre le « tout Etat » et le « tout marché », existent des modèles alternatifs qui reposent sur les valeurs essentielles suivantes :
Ces modèles alternatifs, essentiellement des mutuelles, sont fondés sur les principes de fonctionnement suivants :
Enfin, ces systèmes solidaires (mutuelles, ou micro assurance, ...) représentent un poids économique et social important au plan international (des millions de personnes couvertes, des centaines de milliers de salariés, des centaines de milliards d'Euros d'actifs sous gestion). Ils évitent à la fois les phénomènes de déresponsabilisation du tout Etat et de sélection des risques du tout marché.
Dans un contexte où la globalisation tend à diffuser un mode de développement unique, la concurrence et la complète libéralisation des marchés font courir le risque d'une dilution des systèmes de protection sociale solidaire pouvant entraîner une déperdition des atouts qu'elles constituent notamment pour renforcer le lien social entre les citoyens.
L'organisation solidaire présente l'avantage d'être plus durable, quant à son apport social, car non soumise à la mobilité, à la volatilité des capitaux et au risque financier lié à la spéculation.
Il n'est pas question ici de se limiter à une analyse critique du marché. Il s'agit de défendre l'idée que demain les citoyens doivent avoir dans chaque pays le choix entre :
Dans le cadre du processus de mondialisation, qui privilégie la normalisation financière et assurancielle, il est indispensable de rendre ces formes solidaires plus visibles, mieux coordonnées et de favoriser leur extension au plan mondial.