[APPEL A PARTICIPATION] FINANCEMENT DE LA MUTUELLE DES ENSEIGNANTS DU BURKINA FASO

d.desplanques
23 Juillet 2014

Au Luxembourg, trois organisations de professionnels de l’éducation, membres du Réseau Education et Solidarité depuis peu, ont décidé de soutenir les enseignants burkinabés dans la construction de leur mutuelle en apportant une partie du financement. Afin de trouver d’autres organisations prêtes à soutenir le projet comme ils le font, ils lancent un appel que nous relayons ci-dessous.

Appel à d’autres organisations de professionnels de l’éducation pour participer au développement de la mutuelle de santé des enseignants du Burkina Faso

La Fédération Générale des Instituteurs Luxembourgeois (FGIL) ensemble avec le Syndicat Education et Sciences de l’OGBL (SEW/OGBL) et la Ligue de l’Enseignement luxembourgeoise se sont récemment affiliés au Réseau Education et Solidarité parce qu’ils se reconnaissent parfaitement dans le mot d’ordre de ce réseau qui est d’  « œuvrer pour la mondialisation de la solidarité ».

Nous avons décidé de nous engager financièrement dans le projet de création de la mutuelle de santé des professionnels de l’éducation du Burkina Faso. Initié par le Réseau Education et Solidarité, et les 8 syndicats de l’éducation du pays, dont le SNEAB, membre du Réseau depuis l’origine, le projet vise à couvrir l’ensemble des professionnels de l’éducation de base sur le risque santé, et d’être une mutuelle pilote pour la mise en place d’une assurance maladie universelle portée par le Gouvernement.

En garantissant le financement d’une partie de ce projet et en appelant nos membres à contribuer à la mise en place de cette mutuelle, nous tenons à nous opposer à une politique de la compétition généralisée qui nie la créativité et l’efficacité des entreprises solidaires. Malheureusement, les politiques néolibérales qui se propagent un peu partout à travers les recommandations de l’OECD, du FMI ou de la Banque mondiale ne mettent en avant que la course à la compétitivité et aux gains de productivité sans prendre en compte le bien commun et les besoins réels des populations.

En soutenant la mise en place de cette mutuelle, les enseignants du Luxembourg qui y participent entendent montrer qu’il existe des alternatives au chacun pour soi et que l’agir en commun peut apporter des résultats très concrets. Ces réflexions ne valent pas seulement pour « nos partenaires du Sud », mais également pour nos propres sociétés occidentales qui cherchent à désolidariser leurs populations à travers des processus de mise en concurrence,  d’évaluation et de stigmatisation susceptibles d’attiser les conflits et les haines plutôt que de mener à des projets communs.

Ce projet nous semble particulièrement intéressant puisqu’il concerne des collègues enseignants qui de par leur mission et leur contact permanent avec les jeunes peuvent sensibiliser les enfants et leurs familles pour le développement de systèmes solidaires telles les mutuelles.

Aujourd’hui, les syndicats de professionnels de l’éducation du Burkina Faso se sont rassemblés sur ce projet. Ensemble, ils travaillent avec le Ministère de l’Education pour développer la mutuelle et l’articuler avec le développement de l’Assurance maladie universelle dans le pays.

Comme il s’agit d’un projet d’envergure, tant au niveau politique que pratique, mais également au niveau du financement, des associations d’un petit pays  comme le Luxembourg, avec des membres forcément moins nombreux que pour des pays plus importants n’ont pas les moyens de porter ce projet tout seuls. Voilà pourquoi nous recherchons d’autres organisations pour soutenir ce projet.

La FGIL serait particulièrement heureuse de trouver des partenaires pour ce projet au niveau des organisations d’enseignants, à travers le Réseau Education et Solidarité. Notre coopérative doit sa création à des enseignants courageux du début du siècle dernier qui ont tout mis en œuvre pour libérer l’instituteur de sa condition de subordonné en l’émancipant de la tutelle de l’église tout autant que de certaines contraintes matérielles.

Il nous semble bien évidemment intéressant de nouer des liens avec des instituteurs et des professeurs du Burkina Faso afin de développer des visions communes sur une mondialisation de la solidarité, mais nous serions également enchantés d’œuvrer avec d’autres organisations syndicales ou coopératives d’enseignants à la mise en place de ce projet, afin d’étoffer par cet échange nos réflexions sur une éducation à la solidarité.

Monique Adam

Présidente de la FGIL