Colombie : innover pour la santé et le bien-être des peuples indigènes

Romain Chave
2 décembre 2016

Dans le département de Guainia en Colombie, le gouvernement a lancé un programme innovant: le Modèle Intégral d’Accès à la Santé (MIAS), adapté aux enjeux de ce territoire.

En effet, ce département présente la plus faible densité de population du pays, avec 40 000 habitants pour 72 000 km2. Dans cette région, seulement 17% de la population a accès à des services de santé, avec seulement 1 hôpital, 4 centres de santé, 23 postes d’attention primaire. D’autre part, les communautés indigènes représentent 85% de la population de Guainia. Celles-ci sont particulièrement vulnérables et affrontent des conditions de vie très difficiles. La plupart de leurs besoins de base ne sont pas satisfaits: éducation, logement, santé, travail…Face à ces défis, le Ministère de la Santé et de la Protection Sociale, appuyé par la Banque Interaméricaine de Développement, et avec avec la mutuelle Gestarsalud, a mis en place un programme pilote basé sur un modèle qui aborde ces problématiques de manière intégrée. L’objectif n’est pas seulement d’améliorer la qualité et l’efficience des infrastructures et services de santé, mais aussi et surtout de promouvoir le bien-être global de ces populations isolées.

Le MIAS est fondé en premier lieu sur le principe de la diversité ethnique et culturelle. Il a été construit sur la base d’une consultation d’un an auprès des communautés indigènes. Le MIAS vise à s’adapter, et surtout à s’appuyer sur la culture, les traditions, et les croyances des peuples indigènes dont les organisations représentatives sont parties prenantes de la gouvernance du programme.

La seconde caractéristique du MIAS est le renforcement de la prise en charge de premier niveau: médecine familiale et communautaire, promotion de la santé, prévention des maladies. Le MIAS vise à fournir une éducation à la santé approfondie, afin de favoriser les comportements sains, de détecter le plus tôt possible les affections, et de réduire ainsi le coût de la prise en charge.

Le programme pilote doit se déployer progressivement durant cinq ans, et ses impacts seront étroitement suivis et évalués. En fonction des résultats, ce modèle pourra être étendu à terme à l’ensemble des populations indigènes du pays.

 

Partager
Partager sur facebook
Partager sur twitter
Partager sur linkedin
Partager sur whatsapp
Partager sur email

Les dernières actualités