La réforme de l’éducation en Roumanie: éternelle et sans vision

Romain Chave
2 décembre 2016

Interview d’Adrian Voica, Vice-président de la Fédération des Syndicats de l’Enseignement de Roumanie (FSLI)

Bonjour Adrian, qu’est ce que la FSLI ?

Bonjour, la FSLI est la fédération qui regroupe les syndicats d’enseignants du préscolaire, primaire, secondaire et dd l’enseignement professionnel en Roumanie. Nous regroupons environ 180.000 membres à travers tout le pays. L’objectif de la FSLI est de défendre les intérêts et les droits des professionnels de l’éducation. Nous participons aussi à la rédaction de la législation dans le domaine de l’éducation.

Comment va le système éducatif en Roumanie ?

Pas très bien. La Roumanie a mené depuis la fin des années 1990, 26 réformes de l’éducation, soit une par an environ. Ce sont pas moins de 25 ministres de l’éducation qui ont chacun voulu réformer le système, sans réelle volonté politique, sans ressources adaptées et sans vision de long terme.  Aujourd’hui le système éducatif ne marche pas très bien. Les conditions de travail des enseignants sont mauvaises. Nous assistons à de très nombreux décrochages scolaires de la part d’enfant dont les parents partent travailler dans d’autres pays de l’Union européenne et qui se retrouvent livrés à eux-mêmes.

Quels sont les batailles de la FSLI ?

Les salaires. En début de carrière, un enseignant du primaire gagne environ 190€ net par mois. Le salaire moyen en Roumanie s’élève à environ 400€. En fin de carrière, un enseignant peut espérer gagner aux alentours de 530€. Nous nous battons aussi pour offrir plus de possibilités de formation et d’évolution de carrière. Enfin, nous dénonçons l’augmentation des tâches administratives qui sont confiées aux enseignants. Enseigner devient de plus en plus bureaucratique. Tout cela fait que les enseignants manquent souvent de motivation.

FSLI propose des services à ses membres ?

Bien sûr, au-delà de l’assistance juridique, le syndicat offre de nombreuses possibilités de formation : renforcement des compétences, santé et risques professionnels, développement personnel, visites d’études à l’étranger, etc. Avec le SNES, notre partenaire français, et dans le cadre d’un programme européen, nous avons mis en place plusieurs centres de formation régionaux et ainsi formé près de 800 personnes à des pratiques visant à améliorer la qualité de l’éducation.

Merci Adrian.

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