Madagascar: les Maîtres FRAM, enseigner à tout prix

Romain Chave
2 décembre 2016

Pour faire face au manque croissant d’enseignants à Madagascar depuis les années 1975 et pour pallier l’inaction du gouvernement malgache, les parents d’élèves ont été contraints de recruter des enseignants pour que les enfants puissent suivre une scolarité.  C’est ainsi qu’est née une nouvelle catégorie d’enseignants : les maîtres FRAM, recrutés et rémunérés par les FRAM, les associations de parents d’élèves.

Les conditions de travail des maîtres FRAM sont très précaires : pas de contrat de travail, revenus très bas versés auparavant par les parents d’élèves et depuis quelques années tous les 3 ou 4 mois par le gouvernement, aucune protection sociale, pas ou peu de formation.

Il y a peu, le gouvernement malgache a décidé d’intégrer les maîtres FRAM au sein du ministère de l’éducation nationale pour assurer un niveau de formation adéquat et améliorer les conditions de travail, qui restent cependant, même pour les enseignants fonctionnaires, très difficiles.

Il est prévu d’intégrer 10 000 maîtres FRAM chaque année au ministère. Plus de 50.000 autres sont en attente de recrutement.

Interview de Mirana, Maître FRAM à Madagascar

Je m’appelle Myra. Je suis maître FRAM. J’enseigne dans un village à une cinquantaine de kilomètres de la capitale Antananarivo. J’enseigne toutes les matières à 31 élèves âgés d’environ 14 ans.

Je n’ai pas de contrat de travail. J’effectue une partie de mon travail de manière bénévole. Je touche une subvention trimestrielle du Ministère. La dernière subvention a été versée en juin 2016. Auparavant, les parents contribuaient à la rémunération des maîtres FRAM mais depuis que l’Etat nous verse une subvention, ils ne souhaitent plus donner.

Je n’ai pas de contrat de travail et pas de protection sociale. Si je suis absente plus de trois jours, je suis remplacée et je perds mon emploi. Malgré les conditions de travail difficiles, j’aime enseigner et  je n’abandonnerai jamais.

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